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Faire baisser l’absentéisme au travail est un enjeu

Absentéisme au travail - comment s'en préserver ?

16,6 jours d’absence par salarié, soit une hausse de 18 % sur un an : l’absentéisme n’a jamais coûté aussi cher aux entreprises. En tout, ce sont près de 60 milliards d’euros dépensés par les acteurs économiques sur l’année 2015. Même si certains secteurs affichent de meilleurs taux (comme le BTP, avec 3,90 %), l’absentéisme reste un problème récurrent qui trouve sa source dans la désorganisation de l’entreprise.

  • Alors, comment lutter contre l’absentéisme au travail ?

Quelles sont les causes de l’absentéisme au travail ?

Avant de recourir à des solutions, la première étape consiste à identifier la cause de l’absentéisme au travail. Attention, « absentéisme » ne veut pas nécessairement dire « absence ». Par absentéisme, on entend par là un phénomène collectif défini par le réseau Anact-Aract comme une absence pouvant être évitée par une démarche de prévention. La corrélation entre conditions de travail et taux d’absentéisme est donc très forte. On peut constater que l’absentéisme évolue étroitement avec l’âge des salariés : 11 jours par an pour les moins de 30 ans, contre trois semaines par an pour les plus de 55 ans. Les femmes seraient de même plus absentes que les hommes (18 jours par an contre 13,6). A contrario, l’absentéisme peut se caractériser sous la forme de présentéisme : il s’agit d’assurer une présence uniquement pour être présent.

Toujours selon le réseau Anact-Aract, les causes de l’absentéisme au travail seraient diverses et variées :

conditions de travail particulièrement pénibles ;

  • dématérialisation du travail ;
  • avenir incertain ;
  • manque d’organisation entre vie privée et vie professionnelle ;
  • flou organisationnel, etc.

Les problématiques managériales et sociales font également partie de l’équation, avec le manque de soutien des collègues, le climat social tendu ou encore le manque de reconnaissance des managers. Souvent en cause, les maladies professionnelles (TMS) et accidents du travail révèlent quant à eux un manquement aux démarches de prévention des risques en entreprise.

Quelles conséquences pour l’entreprise ?

Entre … :

  • le maintien du salaire ;
  • le remplacement temporaire ;
  • les démarches de prévention ;
  • les cotisations accidents du travail
  • ou encore, les maladies professionnelles,

… les conséquences financières en termes de coûts directs sont nombreuses pour les entreprises (environ 45 milliards par an).

Mais ce n’est pas tout : les coûts indirects tendent à affaiblir les structures.

  • Désorganisation du quotidien ;
  • perte de clients ;
  • opportunités commerciales manquées ;
  • et baisse de productivité sont à déplorer en cas d’absentéisme élevé.

On peut ajouter à cela la dégradation des relations sociales et des conditions de travail. Il peut s’agir de tensions dans les équipes au moment du retour des absentéistes. Identiquement en ce qui concerne la charge de travail supplémentaire pour les travailleurs présents.

Comment lutter contre l’absentéisme au travail ?

Une démarche de lutte contre l’absentéisme au travail passe forcément par l’identification des causes. Commencer à comprendre pourquoi, en analysant les chiffres par équipe, par tranche d’âge, par métier, etc. Comme le dit l’adage : « On a l’absentéisme que l’on mérite ». C’est pourquoi il convient de prendre conscience des facteurs propres à l’entreprise, pour mettre en place un plan d’action plus efficace.

1. Les enjeux managériaux

Mieux communiquer

Donner aux salariés des moyens de s’exprimer, c’est mieux répondre à leurs besoins. En effet, fournir des canaux de communication plus efficaces permet aux travailleurs de s’exprimer plus aisément sur leurs conditions de travail, leurs besoins, leur ressenti au quotidien. En termes de méthodes de communication, tous les moyens sont bons : enquête et sondage, par exemple, sont de bons outils pour repérer les problématiques courantes rencontrées sur le lieu de travail (facteurs de stress, motivation, conflits avec les collègues, etc.).

Mieux manager

Améliorer le climat social et par conséquent, les conditions de travail, c’est réaliser un diagnostic QVT (qualité de vie au travail). Il permettra d’identifier les dysfonctionnements et les sources de mécontentement des salariés. Optimiser le management en entreprise passe de même par une formation aux bonnes pratiques managériales. À la suite de quoi, les équipes encadrantes pourront faire preuve d’une meilleure gestion des ressources humaines, plus bienveillante : montrer aux salariés qu’ils sont importants, faire preuve de confiance, d’écoute et d’empathie, organiser des entretiens de retour après période d’absence, etc.


Une entreprise pourra éventuellement penser à réduire la pression hiérarchique et assouplir l’autorité, pour accorder plus d’autonomie aux employés. Ce type d’action donne des résultats parfois surprenants pour impliquer les travailleurs, et leur donner le sentiment d’être utiles.


2. Les enjeux sanitaires

Les conditions de travail ne sont pas les seules responsables de l’absentéisme au travail : les maladies professionnelles, accidents du travail et risques psychosociaux pèsent tout autant dans la balance. De ce fait, la question d’amélioration de la santé sur le lieu de travail doit concerner l’ensemble des services concernés (CSE, CSSCT, syndicats, etc.), en vue de définir des actions de prévention efficaces.

N’oublions pas les services de santé au travail qui ont leur rôle à jouer, en proposant des solutions préventives :

  • campagne de vaccination pour les maladies saisonnières (contre la grippe par exemple, qui coûte environ 800 millions d’euros par an) ;
  • mise en place de solutions hydroalcooliques ;
  • communication constructive pour réduire les accidents du travail et maladies professionnelles ;
  • sonder le degré de stress chez tous leurs travailleurs, etc.

Citons par ailleurs les troubles musculo-squelettiques. Ce qui les causent sont notamment les gestes répétitifs ou une mauvaise posture. Ils présentent clairement des risques pour la santé et augmentant le taux d’absentéisme.


À noter : les formations gestes et postures au travail sont obligatoires.


3. Les enjeux organisationnels

Les 35 heures sont-elles réellement une bonne chose ? Il semble que les salariés travaillent moins. Néanmoins le nombre de tâches à réaliser, la charge mentale liée à l’activité ou encore les contraintes de délais se sont accrus. Ce qui génère de la fatigue et du stress, et conduit à l’absentéisme. Dans ce contexte organisationnel, l’ambiance de travail et l’ergonomie des postes ne sont pas à négliger ! 40 % des salariés affirment préférer une bonne ambiance plutôt qu’un bon salaire. On peut corriger les dysfonctionnements en repensant une réorganisation d’équipe qui ne fonctionne pas, une salle de pause aménagée, etc.

4. Les enjeux humains

Et les ressources humaines, dans tout ça ? Un service des ressources humaines performant est un formidable outil pour lutter contre la démotivation et le stress. Autour des questions managériales, ils peuvent proposer des solutions pour :

  • protéger les travailleurs contre le harcèlement moral ;
  • résoudre les conflits entre collègues ;
  • et améliorer les conditions de travail.

L’accompagnement des salariés dans leur gestion de carrière, au travers de formations, de perspectives d’évolution ou de reconnaissance, est à développer pour motiver chaque individu. Les réclamations des travailleurs, et la façon dont ils se sentent dans l’entreprise doivent absolument être au cœur des préoccupations du service des ressources humaines. Il est prouvé qu’une entreprise aux politiques et pratiques RH performantes, qui visent au bonheur des salariés (compensation équitable, formation et développement), augmente significativement sa productivité.

Concluons au sujet de l’absentéisme au travail

Les causes de l’absentéisme peuvent être diverses et variées (mauvaise ambiance, management à la dure, exposition à des risques professionnels, etc.). Les conséquences pour l’entreprise peuvent se révéler désastreuses, tant au niveau du climat social que du chiffre d’affaires. C’est pourquoi il convient d’identifier la cause de l’absentéisme au travail et de développer des solutions innovations et préventives. Améliorer des conditions de travail dégradées, et lutter contre les risques psychosociaux sont les actions prioritaires pour éviter l’absentéisme au travail !

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Auteur de l'article

FABRICE ALLEGOET

Fabrice ALLEGOET est un formateur en droit du travail. Il est formé et rompu aux formations SSCT. Il a formé des dizaines d'apprenants et dispose d'une expérience particulière dans les domaines des risques psychosociaux et des pathologies psychiques. Il est aussi coach en développement personnel depuis 2015.

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