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Se protéger contre les risques chimiques au travail

Risques chimiques au travail

Les risques chimiques peuvent être à la naissance de graves accidents de travail. 33% des salariés sont exposés au moins une fois à un agent chimique. 10%, le sont à un produit chimique cancérogène. Le nombre de reconnaissances de maladies professionnelles ne cesse d’augmenter. Dans la liste des causes, on retrouve justement l’amiante en seconde position, suivi derrière par les TMS (troubles musculo-squelettiques).


Alors, comment se protéger contre les risques chimiques au travail ?


Ce qu’il faut savoir sur les risque chimiques au travail

Tout d’abord, quelle est la définition du risque chimique au travail ? C’est le résultat d’une exposition plus ou moins prolongée à un élément ou composé chimique (en état ou au sein d’une préparation). De la colle au colorant, en passant par la peinture, le dégraissant ou le diluant, les produits chimiques interviennent dans de nombreux secteurs d’activité.

Le salarié peut être exposé à un risque chimique au travail de deux façons, soit par :

  • la manipulation d’une substance chimique de façon délibérée (analyse en laboratoire, synthèse industrielle, etc.) ;
  • l’émission suite à une activité ou un procédé (combustion, mélange).

Dans ce cas, les risques chimiques peuvent prendre la forme de poussières, de fumées, de vapeurs, de gaz ou encore de brouillards. Parfois accidentels (explosions ou incendies), ils peuvent donner lieu à des conséquences environnementales.

Quels sont les risques chimiques encourus ?

Quand ils entrent donc en contact avec le corps humain, que ce soit par la bouche, la peau ou les voies respiratoires par inhalation, les produits chimiques causent des dysfonctionnements de l’organisme. Des intoxications aiguës sont à redouter, avec des effets plus ou moins graves. En cas d’exposition prolongée ou répétée (même à faible dose), des intoxications chroniques peuvent s’installer et toucher les poumons, les nerfs, le cerveau ou encore les reins.

Comment éviter les risques chimiques au travail ?

Inscrite dans une démarche de prévention des risques professionnels (et plus particulièrement sur les neuf grands principes généraux, énoncés par l’article L4121-2 du Code du travail), l’identification des produits chimiques présents dans l’entreprise doit conduire à une évaluation des risques. La rigueur des règles de prévention sont en adéquation avec la dangerosité de l’élément chimique : plus un produit est dangereux pour la santé, plus les réglementations sont strictes. C’est notamment le cas pour les agents cancérogènes mutagènes ou toxiques pour la reproduction, appelés CMR.


Malgré la promptitude des employeurs à suivre scrupuleusement les neuf grands principes généraux, la suppression ou le remplacement d’un produit chimique par un autre moins dangereux est en conséquence irréalisable.


Dans cette situation, l’entreprise doit envisager des mesures de prévention collective contre les risques chimiques. Celle-ci doit se prévoir le plus en amont de la conception d’un procédé. Alors, quelles sont ces protections collectives ?

Les protections collectives contre les risques chimiques

Réduire le nombre de salariés exposés, la quantité de produits chimiques dans l’entreprise et la durée d’exposition, telles sont les ambitions des mesures de protection collective. Elles peuvent être d’ordre technique ou organisationnel.

Les mesures techniques

Conçues pour faciliter l’entretien ou les interventions (de maintenance, par exemple), les installations de protection collective peuvent prendre plusieurs formes :

Sytème clos (ou travail en vase clos)

Le système clos consiste à confiner au maximum les produits ou procédés pour éviter tout contact avec les opérateurs. Du transfert à l’élimination des déchets, en passant par la purification ou l’échantillonnage, toutes les opérations du procéder doivent scrupuleusement respecter le confinement.

Ventilation et assainissement de l’air

Fixée par le Code du travail, la réglementation sur l’aération et l’assainissement des locaux de travail peut se concrétiser en outre par la mise en place de dispositifs de captage des polluants. C’est une mesure qui consiste à orienter le flux de polluants émis vers une installation de ventilation et d’élimination.

Encoffrement (avec confinement ou partiel)

L’encoffrement implique la construction de barrières physiques, comme des cloisons ou parois, pour empêcher le polluant de se propager dans l’atmosphère. Il doit donc nécessairement être associé à un dispositif de captage des polluants.

Mécanisation

Pour éviter l‘exposition des travailleurs aux produits chimiques, certaines tâches nécessitent d’être automatisées pour ne pas solliciter la présence humaine.

Les mesures organisationnelles

Englobant la restriction de l’accès aux locaux, la limitation du temps de travail par poste soumis à exposition, ou encore la gestion des déchets, les mesures de protection collective d’ordre organisationnel impliquent des règles de sécurité strictes. Formation, méthodes de travail adaptées, procédures, permis de travail et surveillance préalable de la santé doivent aussi être envisagés.


Les membres du CSE, et les services de santé au travail doivent tous être impliqués dans la démarche organisationnelle.


Les services de santé au travail peuvent en effet jouer un rôle dans l’identification des risques. Ils procèdent donc pour cela à :

  • l’étude des postes ;
  • la visite des locaux ;
  • et le suivi médical des salariés exposés aux risques chimiques.

Protections individuelles contre les risques chimiques

Dans la hiérarchie des mesures en matière de prévention contre les risques chimiques, les protections collectives sont prioritaires. Juste après, on retrouve les protections individuelles, qui consiste en la mise à disposition gratuite d’équipements adaptés pour les travailleurs. Incombent également à l’employeur l’entretien et le remplacement de ces équipements de protection individuelle.

Appareil de protection respiratoire

Destiné à des opérations de courtes durées, l’appareil de protection respiratoire intervient dans le cas d’une situation où le dispositif de captage des polluants est insuffisant.

Gants

Le choix des gants repose sur la résistance face aux produits manipulés. De plus, les contraintes de la tâche effectuée, les risques auxquels sont soumis les travailleurs, la durée du port des gants ou encore les caractéristiques des produits chimiques doivent être pris en compte.

Lunettes, masques ou écran facile

Pour tout poste de travail avec risque de projection, le port d’une protection pour les yeux est indispensable. Comme pour les gants, une analyse des risques encourus est nécessaire.

Vêtement de protection

Ici, la nature du risque chimique au travail, les contraintes morphologiques ou allergéniques, les facteurs de pénibilité (confinement, humidité, températures basses ou élevées) doivent être disséquer pour sélectionner le bon vêtement de protection. Il est par ailleurs obligatoire que l’équipement possède le sigle CE. Il doit en outre être résistant au produit utilisé et adaptable à la tâche à réaliser. N’oublions pas de souligner le fait qu’il soit suffisamment confortable.

Souvent à l’origine d’inconfort, le port d’un équipement de protection individuelle sur une longue durée peut exercer une pression sur une partie du corps, générer une forte chaleur ou encore diminuer le champ auditif. C’est pourquoi chaque EPI (équipement de protection individuelle) doit nécessairement être adapté à la nature du risque et au rythme de travail. L’implication du médecin du travail et des salariés est de même indispensable pour identifier les EPI adéquates.

Ce qu’il faut comprendre des risques chimiques

Englobée dans la démarche générale de prévention des risques professionnels, la prévention des risques chimiques s’inscrit dans le Code du travail. Tout mesure de prévention collective et/ou individuelle doit être mise en place dès lors qu’il y a danger (incendie, explosion) ou exposition à des agents chimiques. Ce sont l’identification et l’évaluation des risques chimiques qui permettront de générer un plan de mesures efficaces pour la protection individuelle et collective.


Il ne faut pas non plus sous-estimer l’utilité des services de santé au travail dans cette démarche de prévention !


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Auteur de l'article

Alexandre Montenon

Alexandre est un passionné. Auteur de nombreux articles dans de nombreux domaines, il sait nous mettre en appétit. Professionnel dans l'âme, il nous éclaire en particulier sur ce qu'il faut savoir en matière de SSCT.

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