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Les TMS frappent les salariés et causent des souffrances

Les TMS ou troubles musculosquelettiques au travail

On ne compte pas moins de quinze maladies liées aux troubles musculo-squelettiques (TMS). Pathologies essentiellement associées à des composantes professionnelles, elles sont la plupart du temps causées par de mauvais gestes et postures sur le lieu de travail. Muscles, tendons, nerfs, ligaments ou encore vaisseaux : aucune structure autour des articulations n’est épargnée.

Les cibles privilégiées ?

  • le dos ;
  • les épaules ;
  • les coudes ;
  • les poignets ;
  • et parfois les genoux.

Alors, comment lutter contre les troubles musculo-squelettiques ?

Cartographie des troubles musculo-squelettiques

À l’origine de 35% des maladies professionnelles, les TMS touchent les articulations, les muscles et les tendons. Les TMS résultent d’un déséquilibre évident entre les capacités physiques et les contraintes professionnelles auxquelles le corps s’expose. Ils peuvent s’installer de façon progressive comme apparaître rapidement. Précisons que tous les secteurs d’activité sont touchés, et les cas de TMS au travail augmentent de 13% chaque année, depuis 1995.


À ne pas prendre à la légère, les troubles musculo-squelettiques peuvent conduire à des conséquences irréversibles ou handicaps durables, tels que la tendinopathie, le syndrome du canal carpien ou encore l’épicondylite au coude.


Quelles sont les causes des TMS au travail ?

Il faut noter que le salarié n’est pas la seule victime : des conséquences sont tout autant à déplorer du côté des entreprises (désorganisation majeure, absentéisme, turn-over, indemnisations financières, etc.). C’est pourquoi les TMS au travail doivent appeler à des solutions de prévention. Mais avant tout, il convient de définir les causes. On distingue plusieurs facteurs pouvant donner lieu à des troubles musculo-squelettiques. Si l’âge, le sexe ou encore l’état de santé (fragilité physique ou psychologique) du salarié pèsent forcément dans la balance, les contraintes sont multiples et variées.

Des facteurs biomécaniques

Gestes répétés à fréquence régulière, efforts excessifs (port de charges lourdes), postures inconfortables derrière un écran d’ordinateur, travail statique ou encore vibrations sont à l’origine des troubles musculo-squelettiques. Sans oublier l’environnement : le froid, le bruit ou l’éclairage sont à prendre en compte dans l’identification des causes. On considère qu’une activité est répétitive à partir du moment où le nombre de mouvements par minute excède 5 gestes, et qu’il y a danger à partir de 10. Le nombre de fois où la main touche un élément et la durée du cycle de travail sont de même concernés. En plus du port de charges lourdes, le travail avec un outil (pince, tournevis), l’assemblage de pièces ou le travail de précision sont considérés comme des efforts excessifs pouvant conduire à des troubles musculo-squelettiques.

Des facteurs psychosociaux

On entend par facteurs psychosociaux la façon dont le salarié perçoit son travail, son métier ou encore sa place dans l’entreprise. L’insatisfaction d’un travailleur, un climat social tendu, un management à la dure ou encore l’insécurité de l’emploi peuvent générer un stress chez le salarié. Ce qui aboutit la plupart du temps à des troubles musculo-squelettiques. À noter que le stress amplifie de même la perception de la douleur chez les victimes atteintes de TMS.

Des facteurs organisationnels

Bien entendu, une charge de travail excessive, le manque de pauses, des délais de réalisation trop courts peuvent directement affecter le salarié et entraîner des TMS. En effet, le corps n’a pas forcément le temps de récupérer et se sent sollicité trop fréquemment. Par ailleurs, si le travailleur est dépendant du rythme d’une machine ou qu’il n’est pas soutenu par un autre collègue (alternance), les risques de TMS au travail se multiplient.

Lutter contre les troubles musculo-squelettiques

Il est évident que par son obligation de protection de la santé et de la sécurité de ses salariés, l’employeur doit mener une véritable démarche de prévention des risques professionnels.

On distingue quatre leviers à activer pour atteindre les objectifs fixés :

  • mobiliser pour s’accorder et agir ensemble ;
  • enquêter pour connaitre le risque, analyser les situations et identifier les facteurs de risques ;
  • transformer pour améliorer les situations de travail existantes ;
  • évaluer pour s’assurer de l’efficacité des actions.

Le site de l’INRS propose d’ailleurs des outils pour accompagner les entreprises dans ces quatre étapes.

C’est notamment le cas de :

  • la grille d’identification de la charge physique, qui permet de classer les situations de travail par rapport au degré de risque ;
  • le questionnaire « nordique », qui permet de localiser les douleurs ;
  •  les échelles de Borg, pour évaluer l’effort perçu d’une tâche par les travailleurs ;
  • VIDAR, destiné à accompagner les très petites entreprises pour prévenir les TMS au travail.

Comment se faire mieux accompagner ?

Une bonne démarche de prévention peut donc conduire à de nombreux avantages pour une entreprise, à commencer par l’augmentation de la productivité et la baisse de l’absentéisme. C’est pourquoi le gouvernement, par le biais de l’Assurance Maladie, accompagne les employeurs au travers de TMS Pros.

Cette démarche préventive s’articule essentiellement autour de 4 étapes :

  • En quoi suis-je concerné ?
  • Par quoi commencer ?
  • Comment agir ?
  • Quels résultats pour mon entreprise ?

En complément, le réseau Anact-Aract peut de même guider les entreprises sur les questions liées aux conditions de travail, en vue de lutter contre les troubles musculo-squelettiques au travail. Financièrement, les CARSAT (Caisse d’assurance retraite et de santé au travail) proposent des Aides Financières Simplifiées* (AFS) aux petites entreprises de moins de 50 salariés qui souhaitent réduire les TMS au travail.


*Ces aides sont destinées à financer des équipements ou des prestations de conseil en ergonomie, dans une démarche de prévention des TMS au travail. Le montant maximum d’une AFS pour une entreprise est plafonné à 25 000 euros (le montant des subventions varie en fonction des régions).


Quelques conseils pour prévenir les TMS

Parmi les méthodes de prévention des TMS au travail, une bonne hygiène de vie et une surveillance accrue des gestes et postures au quotidien sont à privilégier. Quelques astuces peuvent suffire à réduire considérablement les troubles musculo-squelettiques.

Avoir un bon sommeil

La récupération est donc au cœur de la prévention des troubles musculo-squelettiques. Mais pas seulement : les troubles du sommeil peuvent causer d’autres problèmes de santé.

Faire du sport pour lutter contre les TMS

Que ce soit marcher le matin pour se rendre au travail, ou courir pendant 45 minutes entre midi et deux, l’activité physique est indispensable pour prévenir les TMS au travail. Muscler les abdominaux peut par exemple réduire les douleurs dorsales ou articulaires. Ne pas oublier non plus de pratiquer quelques exercices et étirements sur son lieu de travail, quand c’est possible !

Analyser ses gestes et postures

Réglage du siège, position des bras et des mains, hauteur de l’écran : les bons gestes et postures devant un ordinateur réduisent considérablement les risques de TMS. Découvrez 5 conseils sur le site passeportsante.net. En ce qui concerne le port de charges lourdes, fléchir les genoux, réduire l’inclinaison du tronc ou encore garder les bras allongés sont des gestes à appliquer au quotidien.

Ce qu’il faut retenir à propos des TMS

De plus en plus ancrés dans le paysage professionnel, les troubles musculo-squelettiques concernent en conqéquence tous les secteurs d’activité. Ils peuvent toucher n’importe qui à tout âge. En plus des problèmes de santé pour le salarié, ils peuvent conduire à des conséquences financières pour l’entreprise.

Bien entendu, la démarche de prévention des TMS s’inscrit dans les obligations légales de l’employeur. Ce qui n’exclut pas le travailleur d’adopter les bons gestes et postures de sa propre initiative !

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Auteur de l'article

FABRICE ALLEGOET

Fabrice ALLEGOET est un formateur en droit du travail. Il est formé et rompu aux formations SSCT. Il a formé des dizaines d'apprenants et dispose d'une expérience particulière dans les domaines des risques psychosociaux et des pathologies psychiques. Il est aussi coach en développement personnel depuis 2015.

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